Le lestage du matériel roulant

texte et photos:JH

 

Tout le monde a déjà remarqué que des modèles similaires mais de marques ou d’époques de fabrication différentes avaient des poids souvent très différents. Soupesez un même wagon Jouef des années 70 ou même 80 et un récent (céréalier à bogies par exemple), et vous sentirez tout de suite la différence.

Il faut bien reconnaître que si nos modèles approchent de plus en plus l’échelle exacte du 1/87, il n’en est pas de même pour leur poids et heureusement car la puissance des moteurs de nos chères locomotives ne suffirait pas.

Néanmoins, si comme moi, vous achetez du matériel d’occasion un peu ancien pour transformation, super-détaillage ou autre, un minimum de lestage est nécessaire pour atteindre le niveau des productions actuelles. Et les avantages sont nombreux :

  • Plus de wagons qui « sautent » sur les cœurs d’aiguilles;
  • Moins de déraillement;
  • Un bruit de roulement plus gratifiant : « ça roule lourd ».

Et surtout, à ces avantages s’ajoutent, pour du matériel moteur :

  • Meilleure captation du courant
  • Meilleure adhérence et donc plus grande force de traction.

Les 2 principes de base sont les suivants :

Pour ma part, j’utilise essentiellement de la feuille de plomb utilisée en bâtiment pour l’étanchéité des rives de toitures. Ce matériau est très malléable, se coupe ou s’usine très facilement. Je commence par découper une bande (voir photo), qui est roulée sur elle-même et mise en forme au marteau afin de lui donner un aspect plus rectangulaire ou simplement pliée en plusieurs épaisseurs. Si des formes plus complexes sont à réaliser (pan incliné, rainure, …), une râpe ou une fraise montée sur une mini-perceuse font l’affaire. Tout ceci est ensuite collé en place à la colle contact ou coincé entre des sous-ensembles.

Voici ci-dessous l’illustration de ces propos sur une CC70002 Jouef modifiée et superdétaillée.

 

Ce lestage associé au nouveau moteur donne un résultat surprenant (dans le bon sens du terme !) en ligne.

 

Pour les wagons il m’arrive aussi parfois d’ajouter de la pâte à modeler lorsque l’espace le permet comme des céréaliers ou des citernes à bogies Jouef.

Pour des wagons plats, on peut essayer d’ajouter du lest sous le châssis mais le plus discret est toujours d’imaginer un chargement qui fera lui-même office de lest (rondelles en acier simulant des produits sidérurgiques, tube de plomberie en cuivre, etc…) ou qui permettra de le cacher (conteneurs, caisses en bois, etc.…). C’est le même principe pour des wagons de transport en vrac (trémies, tombereaux) où le lest sera noyé au fond du chargement.

 

Exemple de wagon plat:

TP de Trains Rousseau chargé avec des rondelles en acier

Exemple de wagon de transport en vrac:

Eaos Jouef. Le lest en plomb est collé à la colle contact au fond du wagon. Un bloc de mousse ou de polystyrène est ensuite inséré puis le tout est recouvert de pierre concassée et calibrée (pierre blanche de Touraine).

 

La quantité de lest à ajouter est fonction de chaque wagon, du réseau (pente, courbes), de la puissance des machines, de la longueur des trains, etc… Néanmoins, on peut s’inspirer de wagons déjà lestés par les constructeurs (Roco, Fleischmann, …) ou procéder par expérimentation.

 

RETOUR